03/05/1917 ESSENCE – PAIN – LAIT – BAINS

La carte d’essence

La remise des cartes d’essence aux propriétaires d’automobiles de plaisance et de tourisme a commencé hier à la préfecture de police, pour Paris et le département de la Seine. Il en a été délivré dans la matinée, un peu plus d’une centaine. Le bureau 42, au deuxième étage du bâtiment auquel on accède par l’escalier D, a été affecté à ce service.

Les propriétaires de voitures n’ont, pour obtenir cette carte, qu’à se présenter, de dix heures à midi ou de deux heures à cinq heures, avec la carte grise de l’automobile dont ils sont propriétaires, et à verser la somme de deux francs. Aucune autre formalité ne leur est imposée.

Augmentation du prix du pain

Le prix du pain rassis vendu au poids est augmenté depuis hier matin à Paris, en application du décret du 8 avril dernier, qui stipule, à l’article 15 :

« En aucun cas, et jusqu’à décision contraire, le prix du pain ne pourra dépasser celui fixé par les taxes actuelles, majoré de deux centimes et demi par kilo.

« Pour la vente du pain rassis au poids, me tolérance, ne pouvant dépasser 5 %, est admise pour le poids livré.

Donc, à partir d’hier, le pain de 2 kilos, vendu précédemment 90 centimes, est compté 95 centimes, et les boulangers ne donnent, pour ce prix, que 2 kilos moins 100 grammes (5 %), soit 1,900 grammes.

La carte de lait

Les mairies ont reçu l’après-midi la carte spéciale qui donne un droit de priorité chez les crémiers, aux vieillards de 70 ans et au- «dessus, aux enfants de moins de 3 ans et aux malades. Les solliciteurs devront produire à la mairie pour les vieillards et les enfants, le certificat de naissance. pour les malades une attestation du médecin.

– Les distributions chez les crémiers ne se feront que jusqu’à 9 heures du matin.

Ajoutons que certains de ces commerçants ont profité de l’occasion pour augmenter leurs prix.

Dans les établissements de bains

On sait que les patrons de Bains avaient décidé, à la presque unanimité, de fermer leurs établissements, trois jours par semaine : lundi, mardi et mercredi.

M. Lesage, président de la Chambre syndicale, avait demandé qu’un arrêté intervint pour rendre la mesure obligatoire.

Mais à la préfecture de police on déclare que la question n’est pas encore tout à fait à point.

Dans ces conditions, quelques patrons n’ont pas cru devoir se conformer à la décision de leur syndicat et ont laissé leurs établissements ouverts, comme par le passé.

LA LANTERNE du Jeudi 3 Mai 1917